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MIGRATIONS DE L’AFRIQUE VERS L’EUROPE: MAIS POURQUOI LES JEUNES S’EN VONT-ILS? (1ère PARTIE)

Par Kader S.

« Le réel exil commence

 Lorsque le présent est confisqué.

Quand on est condamné à rêver

Le temps d’avant et attendre

L’avenir.».

Chawki ABDELAMIR

Poète Irakien.

Temps de lecture – 6 minutes

Que ce soit clair pour tout lecteur, je n’entends pas démontrer ici que les hommes et les femmes qui traversent le continent africain depuis l’Afrique subsaharienne vers les côtes méditerranéennes afin de risquer leur vie dans une périlleuse traversée maritimes et rejoindre clandestinement l’Europe ont raison de le faire.

Je n’entends pas justifier les choix de ces gens de tout abandonner de leur vie et d’investir tout ce qu’ils ont acquis dans une aventure aux contours incertains par nature. Je ne suis pas un procureur moral. Ces gens font leurs choix en pleine liberté et conscience. Je n’ai rien à y redire.

Le but de mes lignes est simplement d’EXPLIQUER les raisons qui peuvent légitimer cet exode et les motivations de ces personnes telles qu’elles les expriment une fois en Europe, lorsqu’elles ont la chance de débarquer dans un port maltais, italien, espagnol ou sur des îles grecques ou turques.

Ces tentatives d’explication devraient nous permettre de comprendre pourquoi de nombreux jeunes hommes et femmes quittent l’Afrique, en s’aventurant par un chemin si risqué.

Cependant, si les candidats au départ de l’Afrique et à l’immigration en Europe sont nombreux, le flux migratoire lui, est en baisse depuis quelques années. « Seulement » 300.000 migrants partant d’Afrique ont clandestinement gagné un pays de l’OCDE en 2018[1].

On est donc loin de l’idée que se font beaucoup de personnes sur des départs d’Afrique qui sont massifs, ainsi que sur une invasion des pays européens. De nombreux africains qui s’installent de manière permanente en Europe le font souvent dans le cadre du regroupement familial, de l’immigration estudiantine et, dans une moindre mesure, de l’immigration pour le travail.

Mais qui sont ces migrants qui passent par la mer pour atteindre les pays européens ? Pourquoi s’en vont-ils ? Quel est leur parcours et qu’espèrent-ils une fois en Europe ?

Nous tenterons de répondre à ces questions. Mais avant, nous essaierons de comprendre ce qui motive ces gens.

1- « ALLONS A PARIS »

De nombreux africains quittent le continent par la mer, à la merci de passeurs sans scrupule, et au péril de leur vie dans le but de gagner le continent européen.

J’ai souvent lu et entendu de nombreux frères et sœurs africains écrire ou dire qu’ils ne comprenaient pas pourquoi ces jeunes hommes et ces jeunes femmes, encore plein de vigueur dans un continent plein de promesses en partaient ; quitte à savoir pertinemment que le parcours pour gagner clandestinement l’Europe est périlleux.

Les raisons évoquées par ceux qui arrivent – car vous aurez compris que tous ceux qui partent n’arrivent pas – sont souvent les mêmes : pauvreté, chômage, problèmes sociaux, conflits armés, etc.

En les écoutant, on se rappelle que l’Afrique s’est enlisée dans une fausse lutte contre ces fléaux sociaux depuis longtemps. Pourquoi alors cela ne devrait-il pas être un facteur de départ ?

La réalité est en fait un peu plus complexe; à la base, des mythes sociaux sur le fait que l’Occident constitue un eldorado par lequel on peut échapper aux misères désespérantes du continent africain.

               1- A – Le mythe de l’Europe eldorado

En rédigeant ces lignes, je me suis mis à fredonner la chanson du genre zouglou d’un artiste ivoirien bien connu localement, le regretté Désiré Claver GUINON, alias « DEZY CHAMPION ». Le titre de la chanson est « Allons à Paris » paru en 2012. Cette chanson aux paroles assez évocatrices est très populaire en Côte d’Ivoire, pays d’origine du chanteur. Voyez par vous-même :

« Depuis ton enfance-là

Avion passe au-dessus de ta tête

Tu as grandi, tu montes pas dans avion

Jeune homme, allons à Paris

C’est vrai mon frère

Mourir, sans voir l’Europe

Oui, quitter ce monde sans visiter Paris

En tout cas, tu es mon « gaou »[2] ».

[Pour écouter la chanson, c’est par ici]

De nombreux titres musicaux similaires vantent les mérites de l’Occident (représenté allégoriquement par Paris dans la chanson de DEZY) en Côte d’Ivoire et dans de nombreux pays de la sous-région ouest-africaine. En effet il y a pour l’entendement collectif africain aujourd’hui encore, une forme de gloire ou de réussite dans le simple fait de fouler le sol occidental. Le fameux « Je suis allé en France » est toujours une sorte de clé qui permet d’accéder à la considération sociale dans le pays d’origine de ceux qui prononcent cette phrase, lorsqu’ils reviennent s’y établir de façon pérenne ou simplement de passage pour des vacances.

Mais la chanson de DEZY CHAMPION n’a pas créé ce mythe de l’Europe eldorado, elle l’a juste entretenu. Ce mythe a été créé bien avant et est un héritage postcolonial, voire colonial.

L’Europe, symbole de modernité et de démocratie ; continent qui abrite des pays qu’on présente aux africains à la télévision, à la radio et désormais sur Internet, de façon quotidienne depuis au moins 60 ans. Ces beaux gratte-ciels, ces villes correctement urbanisées, ces rues avec des immeubles bien construits, ces routes correctement bitumées, la neige, les infrastructures publiques, les lumières qui embellissent les villes européennes à la tombée de la nuit, le mode de vie occidental qu’on présente comme le symbole de la liberté et qui fait référence pour les africains à une certaine opulence… Tout cela a été présenté aux populations africaines ; lesquelles sans le vouloir sont tombées dans une comparaison inconsciente entre l’Afrique et l’Occident.

Je vous l’ai dit il y a une minute (si vous ne vous êtes pas arrêté de lire entre temps) : l’Europe est le symbole de la modernité et de la démocratie. Devant ce magnifique tableau, celui de l’Afrique fait pâle figure. Ajoutez à cela que l’histoire des migrations est aussi vieille que celle de l’humanité, et vous comprenez que de nombreux africains ont déjà rejoint le continent européen, dont ils ont vanté les mérites pendant des années, en dénigrant parfois l’Afrique.

Il y a aussi le mythe de l’avion. J’ai toujours pensé – enfant courant dans les rues boueuses de mon adorée commune de Koumassi, quartier dans la ville d’Abidjan à la fin des années 90 – qu’il y avait quelque chose de mystérieux avec les avions : ces grands oiseaux blancs qui ne battent pas des ailes mais qui planent lentement très haut dans le ciel, transportant des gens loin, au-delà des mers. J’ai comme tout le monde eu une haute idée de l’Europe.

Magic System a bien essayé de démystifier ce continent en résumant dans une chanson « Un gaou à Paris » les déboires des africains qui y arrivent dans un dépaysement total. Mais cela a eu l’effet inverse. On n’oubliera pas de mentionner la sympathique réponse de Yodé et Siro à cette chanson[3]. Mais toutes ces chansons ont entretenu, voire augmenté la fascination de la jeunesse africaine pour l’Europe.

Aujourd’hui, ce sont les sociétés africaines qui s’occidentalisent de plus en plus. Un ensemble de comportements observé au sein des populations jeunes sont en fait des reproductions de mœurs européennes, transmises via des émissions de télévision ou de radio, ou par des africains qui ont longtemps vécu en Europe et qui sont retournés s’établir en Afrique. Les médias locaux eux-mêmes proposent des programmes et émissions inspirés de leurs équivalents européens et ce dans tous les domaines. Il faut dire que les populations africaines sont friandes des chaînes occidentales, lesquelles proposent des contenus mainstream[4] et divertissants.

Les réseaux sociaux amplifient le phénomène en facilitant la diffusion des contenus personnels. Les africains vivant en Europe diffusant des photos de leur vie dans les villes européennes attisent inconsciemment ce mythe de l’Europe eldorado.

On a beau le savoir, tout ceci n’est pas représentatif de la réalité. Pourtant rien n’empêche la fuite des personnes vers le continent européen. Pourquoi ?

               1- B – Fuir la « misère Africaine »

Les personnes qui partent vont essayer de trouver en Europe ce qu’elles désespèrent de trouver en Afrique : un travail, une bonne situation économique, la sécurité, un épanouissement personnel, l’accomplissement d’un rêve.

Je n’essaie pas de dire que l’Afrique ne fait pas rêver. Quand on est optimiste, l’Afrique ne peut que faire rêver. C’est peut-être même le rêve le plus fou.

Mais force est de constater que pour pouvoir rêver en Afrique, il faut être prêt à cauchemarder régulièrement.

Une statistique : 41% de la population d’Afrique subsaharienne vit sous le seuil de pauvreté[5], soit environ 451 millions d’Africains ; dont les 3/4 ont entre 0 et 34 ans. Tout ceci dans la portion de terre émergée la plus généreusement pourvue par la Nature sur Terre.

D’après l’OIT, le taux de chômage[6] en Afrique subsaharienne en 2018-2019 s’était fixé autour des 7,2%[7]. Ce chiffre semble flatteur à première vue. Mais en réalité il faut noter que – toujours selon un rapport de l’OIT – que ce taux ne devrait pas empêcher de compter un million de chômeurs supplémentaires dans la région. Par ailleurs, en Afrique subsaharienne, un travailleur sur trois vit dans des conditions d’extrême pauvreté[8] et trois travailleurs sur quatre jouissent en réalité d’un emploi vulnérable ; c’est-à-dire un emploi occupé par des personnes travaillant dans des conditions relativement précaires, ne disposant probablement pas d’une protection sociale leur permettant de faire face aux périodes de faible activité économique et n’ayant souvent pas la possibilité d’économiser assez d’argent pour eux-mêmes et leurs familles, afin de compenser de telles périodes[9].

La jeunesse africaine est donc confrontée à un marché de l’emploi difficilement accessible. Et quand il l’est, c’est souvent pour des emplois informels ou pour des emplois que l’on pourrait qualifier de précaires. « Il n’y a pas de sot métier » est un adage qu’on a souvent entendu en Afrique pour inciter la jeunesse à se tourner – à défaut des emplois socialement bien vus[10] – vers des métiers qui sont « moins élégants »[11] mais qui sont tout aussi nécessaires au bon fonctionnement de la société. Le fait est que ces métiers, bien qu’ils ne soient point « sots », demeurent tout de même miséreux. Ils n’offrent aucune perspective de prospérité et d’épanouissement (même sur le long terme) aux individus dans la mesure où les salaires proposés sont nettement en deçà du salaire minimum des pays d’Afrique subsaharienne; ce seuil étant lui-même situé en dessous de la moyenne mondiale basse. Le secteur informel est le plus gros employeur de l’Afrique subsaharienne. Mais dans de nombreux pays, il est assez peu, voire pas du tout réglementé.

Si les problèmes s’arrêtaient-là on pourrait les considérer, au regard du potentiel africain, comme mineurs. Hélas, la crise de l’emploi en Afrique procède d’une crise socio-économique et politique qui s’est enlisée depuis la fin des années 80 et qui perdure depuis. L’organisation politique des Etats africains calquée sur celle des ex-Etats colonisateurs s’incorpore difficilement avec les mœurs ethniques et tribales des populations des pays d’Afrique subsaharienne. Nombre d’entre eux font face à des conflits internes latents qui durent depuis des décennies ; certains gouvernement n’exerçant même pas un pouvoir effectif sur l’entièreté de leur territoire. D’autres pays, font régulièrement face à des tensions lors des échéances électorales présidentielles. Il faut dire que chaque pays africain est en réalité un Etat-multinational. L’Afrique subsaharienne est la mosaïque continentale de plusieurs mosaïques étatiques et multinationales. Pourtant les organisations politiques n’intègrent pas cette diversité dans la représentativité publique au sein des institutions nationales, si bien que la conscience politique des populations est davantage inclinée vers un choix socio-ethnique au détriment d’un choix pertinent. Chaque micro-nation (ou groupe ethnique) au sein d’un Etat prône une organisation politique qui va dans le sens de ses intérêts et non pas de l’intérêt national. Le pouvoir est l’apanage sur une période définie de groupes de personnes, dont la légitimité est souvent contestable. Par des modifications constitutionnelles, validées par une intelligentsia « corrompue », ces groupes de personnes se maintiennent au pouvoir pendant de longues périodes, affaiblissant l’économie nationale. Face à ces réalités le peuple peine à se soulever. Il est rapporté dans les légendes historique ougandaises qu’Idi Amin DADA aurait dit un jour : « Je peux garantir la liberté d’expression. Par contre je ne suis pas certain de garantir la liberté après l’expression »[12]. Le fait est qu’en dépit du droit international et des jolis idéaux prônés dans les préambules des constitutions des Etats, de nombreux gouvernements ont fait de cette pensée que l’on attribue à Amin DADA, un véritable aphorisme en Afrique. Les populations ne peuvent exercer ce droit à l’expression qui leur est conféré au risque de s’exposer à des répressions violentes et sanglantes.

En outre on peut évoquer la panne lourde de l’éducation nationale dans de nombreux Etats d’Afrique subsaharienne.

Si les statistiques en 2015 témoignaient d’un certain progrès, elles sont encore loin des standards internationaux.

Dans le monde, 90% des enfants en âge de l’être étaient scolarisés à l’école primaire[13]. Ce taux recule à 65% au secondaire. C’est mieux qu’au début des années 2000 (84% pour le primaire et 55% pour le secondaire).

Mais l’Afrique subsaharienne est encore à la traîne. En effet en 2015, 78% des enfants étaient scolarisés à l’école primaire, taux qui reculait à 33% au secondaire[14]. En Europe et en Amérique du Nord, 1,6 millions d’enfants n’ont pas accédé à l’école primaire en 2015. En Afrique subsaharienne, ils étaient 32,5 millions. Ce chiffre trop élevé dénote de la mauvaise qualité globale du système éducatif en Afrique subsaharienne. L’UNESCO insiste sur le fait que la misère économique (il y a donc un lien avec la nécessité pour les parents d’avoir un emploi décent) est un facteur augmentant les chances des enfants de ne pas intégrer l’école : « […] Les enfants les plus pauvres ont quatre fois moins de chances de fréquenter l’école que les enfants les plus riches et la probabilité qu’ils n’achèvent pas l’éducation primaire est cinq fois supérieure »[15].

Dans un rapport datant de 2018 et intitulé « Résumé du Rapport Mondial de Suivi sur l’éducation [17-18] : Rendre des comptes en matière d’éducation »[16], l’UNESCO déroulait de grandes problématiques liées à l’éducation avec des chiffres à l’appui. Ceux qui concernent l’Afrique subsaharienne sont désespérants.

Outre les taux de scolarisation qui n’ont pas beaucoup progressé, ce rapport révèle qu’en 2015 seulement 22% des écoles primaires d’Afrique subsaharienne disposaient de l’électricité. Dans 24 pays du monde, dont 17 en Afrique subsaharienne, moins de 50% des établissements disposaient d’installations sanitaires de bases : point d’eau, toilettes, etc. Ce rapport dit aussi que 62% seulement des enseignants en Afrique subsaharienne ont bénéficié d’une formation pédagogique de base ; ce chiffre étant en baisse dans de nombreux pays de la région (Niger, Ghana, etc.).

Malgré les belles promesses des gouvernements qui se succèdent au gré de l’ « évolution » politique, des coups d’Etat, des modifications constitutionnelles et des soulèvements populaires, rien n’est fait pour améliorer la qualité de l’offre de l’éducation dans les pays d’Afrique subsaharienne.

Par ailleurs, un graphique attire particulièrement l’attention dans ce rapport.

Le graphique ci-dessus révèle, entre autres, qu’en Afrique subsaharienne, 62,6% des élections se déroulent selon « […] des règles cohérentes et clairement établies, suivent une procédure ouverte de participation en amont des élections ». Mais seulement 38,9% d’entre elles « […] se distinguent par le fait que les électeurs puissent voter sans crainte d’intimidation et accéder librement aux bureaux de vote, ainsi qu’à des résultats électoraux fiables, le jour du scrutin ». Si on couple cela avec les mœurs ethniques que nous avions évoquées plus tôt, on comprend qu’il est difficile dans ces conditions de sanctionner électoralement un gouvernement qui ne tient pas ses promesses.

Les questions sociales ont aussi des interdépendances avec l’économie et l’éducation. Si l’on considère le domaine de la santé, en 2008, 26 pays d’Afrique subsaharienne avaient entre zéro et une seule faculté de médecine. Comment alors former du personnel soignant de qualité à l’échelon local ; et donc par-là même garantir un service public de santé qualitatif ? L’Afrique tout en étant le continent avec la plus forte croissance démographique au monde, est aussi celui ou l’espérance de vie est la plus basse. En 2015, l’espérance de vie en Afrique pour une personne née dans les années 2000 était de 60,2 ans, soit plus de 10 ans de moins que la moyenne mondiale située à 70,8 ans. En Afrique subsaharienne un enfant sur dix meurt avant son 5ème anniversaire. Les Nations Unies ont établi en 2015 le chiffre de 95‰ (95 décès pour mille naissances vivantes en Afrique subsaharienne). C’est un – triste – record.

Les situations sociopolitiques des Etats d’Afrique subsaharienne paralysent régulièrement les universités et empêchent les étudiants d’obtenir des diplômes et d’intégrer le marché du travail. Les universités manquent d’ouvrages, de matériels, d’enseignants, etc. Certaines infrastructures présentent des dangers et rendent les conditions d’enseignement particulièrement inadéquates. La précarité dans laquelle vivent de nombreux étudiants est un facteur aggravant de la situation. Cela génère des disparités dans la jeunesse : d’une part ceux dont les parents peuvent payer l’accès aux facultés privées à leurs enfants ; et ceux qui sont forcés de subir les aléas des universités publiques.

On pourrait également citer les problématiques liées aux conditions des femmes, la lutte contre les fléaux de société (criminalité, violences conjugales, racket policier, corruption généralisée, etc.), le népotisme dans l’administration et dans le gouvernement de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, l’accès au droit et sa vulgarisation, l’accès à la technologie et à Internet, l’accès à l’information, etc.

Le tableau serait complet mais pas exhaustif et n’importe qui aurait envie de fuir ailleurs, au loin de cette « Afrique miséreuse » où tout espoir d’un avenir radieux doit être abandonné.

Les jeunes risquent donc tout ce qu’ils ont pour se lancer à l’assaut des frontières européennes, au péril de leur vie, pour rechercher un avenir meilleur, convaincus que cela ne saurait être pire qu’en Afrique. La grande majorité d’entre eux déchante. L’Europe est très souvent une désillusion encore plus grande que l’Afrique. Mais ils ont leurs raisons.

Dans le deuxième article de cette série, nous verrons ensemble ce à quoi doivent faire face les migrants qui partent d’Afrique et qui arrivent en Europe. Nous parlerons un peu de leurs histoires et de leurs espoirs.


[1] Voir > https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/09/18/six-lecons-sur-les-migrations-africaines_5511874_3212.html

[2] Terme issu de l’argot ivoirien qui fait référence à une personne ignorante ou naïve.

[3] La chanson de Magic System contenait en fait un couplet moqueur à l’égard de Yodé et Siro.

[4] Le mainstream est un terme anglais qui désigne dans la pop culture, un genre artistique dominant qui a des influences dans tous les canevas médiatiques. Il pourrait se traduire en français par « Tendance ».

[5] Chiffre issu du Rapport de la Banque Mondiale de 2018 sur la pauvreté et la prospérité partagée.

[6] Il est utile de rappeler que le taux de chômage est calculé en fonction de la part de la population dite active. Il ne prend donc pas en compte les personnes qui ne peuvent légalement pas travailler et celles qui ne sont plus en âge de travailler ; ce qui représente plus de la moitié de la population en Afrique.

[7] Extrait du rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT), intitulé « Emploi et questions sociales dans le monde : tendances 2018 ».

[8] D’après le « Manuel pour la mise en œuvre des Principes directeurs des Nations Unies sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme » paru en 2012, l’extrême pauvreté est caractérisée par « […] par l’exclusion sociale et une somme d’insécurités dans différents domaines : manque de papiers d’identité, logement précaire, nourriture insuffisante, et les difficultés d’accès aux services de santé et à l’éducation. […] Ces insécurités tendent à isoler les individus du reste de la société. Leur accumulation crée un cycle de pauvreté extrême qui peut se transmettre d’une génération à l’autre. »

[9] Voir > Guide sur les nouveaux Indicateurs d’Emploi des Objectifs du Millénaire pour le Développement y compris l’ensemble complet des Indicateurs du Travail Décent > https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—ed_emp/documents/publication/wcms_110512.pdf

[10] Médecine, Fonctionnaire, Policier, Secrétaire, Avocat, Ingénieur, etc. ; tous ces métiers qui sont relativement bien payés et offrent un épanouissement social à l’individu.

[11] Cultivateur, éboueur, chauffeur-livreur, technicien de surface, agent de sécurité, etc.

[12] « There is freedom of speech, but I cannot guarantee freedom after speech » – aurait dit Idi Amin DADA

[13] Voir > https://www.inegalites.fr/La-scolarisation-des-enfants-dans-le-monde

[14] D’ailleurs ces chiffres sont à prendre avec précaution. C’est l’UNESCO qui prévient d’ailleurs : « […] il faut considérer ces données avec précaution. Les taux de scolarisation actuels sont souvent surestimés. Ils ont parfois été obtenus en regroupant les enfants dans des classes de 60 ou 100 élèves au primaire, dégradant ainsi les conditions d’apprentissage. Derrière les taux de scolarisation se cachent des systèmes scolaires qui n’ont souvent pas grand-chose à voir entre eux. Ces données doivent être considérées comme des tendances générales car leur fiabilité est faible pour certains pays. Il est possible que de bonnes performances dans l’accès à l’école de certains pays fassent bon effet sur le papier mais ne présentent que peu de rapports avec les processus politiques et les réalités du système éducatif du pays ». Voir > https://www.inegalites.fr/La-scolarisation-des-enfants-dans-le-monde

[15] Voir > https://www.prieraucoeurdumonde.net/des-chiffres-qui-parlent-le-taux-de-scolarisation-en-afrique/

[16] Voir > http://www.ungei.org/resources/files/French_Summary.pdf

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